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  •   Le Panama attire les multinationales Françaises !

Paris, le 12 novembre 2009


 

Les grands groupes Français redécouvrent le Panama, confirme Antoine Avila, responsable de la mission économique française dans la capitale. Nous sommes ici au milieu des deux Amériques, dans une capitale qui dispose d'un hub aérien, de cinq ports, de quatre-vingts banques». Un pays qui mise aussi sur l'élargissement de son canal qui lui permettra, à partir de 2014, d'accueillir, pour un investissement de 6 milliards de dollars, les plus gros cargos du monde.

 

Le Panama a adopté une loi unique dans la région, dite des «sièges d'entreprises multinationales» (SEM), qui permet à ces dernières d'installer leur siège latino-américain dans des conditions très favorables, sans imposition sur le salaire des expatriés et sans contraintes migratoires. «Nous pouvons employer au Panama autant d'expatriés que l'on veut, alors qu'ailleurs leur poids ne doit pas dépasser 10 % de la masse salariale», explique Joël Navaron, patron de l'antenne de Total. «Ici, on a gagné en efficacité. Nous travaillons avec dix-neuf pays dans la région. Nous sommes au milieu de notre business», ajoute-t-il.

 

 

 

 

Interview du ministre de l’économie au Panama, Alberto Vallarino

 

 

Le Panama espère signer des conventions fiscales avec l’Europe pour éviter la double imposition aux très nombreuses entreprises Françaises, Espagnoles, Italiennes et Hollandaises implantées localement. Le Panama va entamer des négociations fiscales avec la France, les Pays-Bas et l'Espagne. Des pourparlers sont déjà finalisés avec l'Italie et la Belgique, tandis qu'un accord sera signé le 2 février avec le Mexique.

 

 

Le Panama est l'un des rares pays à n'avoir signé aucun accord fiscal depuis 2002, quelles sont vos priorités en matière fiscale ?

 

 

Alberto VALLARINO. - La priorité de mon gouvernement, qui a pris ses fonctions en juillet dernier, est d'en finir avec cette fausse réputation de paradis fiscal. En trois mois, nous avons plus avancé qu'en dix ans. Dès le mois d'août, nous avons créé une commission spéciale, dont la première recommandation est de se conformer aux standards OCDE. Cet automne, nous avons écrit à toutes les grandes ambassades, avec l'objectif de signer douze conventions fiscales d'ici la fin de l'année.

 

 

Bien que le Panama ne figure pas dans la liste noire de l’OCDE, le Panama protège son secret bancaire, est-ce les menaces de sanctions économiques qui vous poussent à signer ces conventions ?

 

 

Il est vrai que des sanctions pénaliseraient beaucoup notre économie ... mais nous sommes dans une stratégie de long terme. Si nous avions vraiment peur des sanctions, nous nous mettrions à signer des accords d'échange d'informations à la va-vite, ce qui n'est pas le cas. Nous privilégions les conventions fiscales, plus longues à négocier, mais qui à la longue sont bien plus avantageuses pour les entreprises.

 

 

En acceptant le principe d'échange d'informations bancaires, ne craignez-vous pas de faire fuir les grandes entreprises Européennes très présentes au Panama ?

 

 

Les entreprises françaises entre autres, qui sont effectivement bien implantées, vont suivre de près les négociations. Pour nos accords, nous privilégions les pays qui investissent beaucoup à Panama, notamment l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas. Les conventions fiscales éviteront la double imposition aux entreprises installées chez nous. Nous tenons à maintenir notre compétitivité.

 

 

Vous parlez de «fausse réputation de paradis fiscal du Panama». Pourquoi ?

 

 

Le Panama a une vraie économie de services, internationale, bien notée par les agences, avec un secteur bancaire dynamique. Le pays dispose aussi d'une vraie fiscalité, aussi bien pour les particuliers que les entreprises. Notre économie est diversifiée. Elle compte de nombreux projets d'infrastructure. Le canal représente 10 % de notre PIB et 20 % de nos revenus, qui ont augmenté de 5 % en 2009 malgré la crise. Cela n'a rien à voir avec des îles des Caraïbes, comme les Bahamas ou les Caïmans. Panama ressemble plus à Singapour.

 

 

 

 

L’AVIS DE L’EXPERT - Par Nadav BENSOUSSAN, Fondateur France Offshore

 

 

Pour les Panaméens, qualifier leur pays de paradis fiscal est une « injustice » qui ne date pas de la dernière réunion du G20 : « Cela remonte aux malversations de l'entreprise française qui a commencé la construction du canal, à la fin du XIXe siècle, et qui a ruiné des milliers d'épargnants », rappelle l'historien Pablo Armuelles. «Chez vous, on appelle ça le scandale de Panama … Chez nous, c'est le scandale du canal français».

 

On notera que parmi les changements attendus, si changements il y a, les entreprises Françaises qui investissent massivement au Panama, au travers de filiales, verront leurs conditions fiscales renégociées. Mais en aucun cas, il n'est prévu de réformer le système fiscal des entreprises locales.

 

Ainsi, il sera toujours possible de créer une société au Panama détenue par exemple par un directeur et un actionnariat Anglais, qui pourra vendre à sa guise les parts de la société, sans que le bénéficiaire économique réel soit connu. De plus, au Panama, les noms des directeurs et actionnaires ne sont pas publiés au registre local des sociétés, et n'ont pas besoin de présenter de comptabilité tant que la société ne possède pas de comptes bancaires au Panama.

 

 





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